En partenariat avec l’Université Félix Houphouët-Boigny, le Ministère de l’Education nationale de Côte d’Ivoire, l’Institut de la Francophonie pour l’Education et la formation (IFEF) organise, du 23 au 25 octobre 2019, à Abidjan un colloque international sur le thème : Les transferts de compétences en scolarisation bi-plurilingue.

Contexte et problématique

Dans le contexte de l’apprentissage, en contexte bilingue, dans une autre langue que la langue première de l’apprenant, se pose la question du rôle joué par les acquis en L1 dans les apprentissages de la L2 et en L2. Cette question doit être reliée à celle des exploitations didactiques possibles des acquis des apprenants issus des enseignements-apprentissages en L1.

Ces questionnements sont au cœur des actions du programme Ecole et langues nationales de l’Institut de la Francophonie pour l’Education et la Formation (IFEF), programme d’enseignement bilingue où l’apprentissage de l’écrit du français succède à, et s’appuie sur celui de la langue africaine, L1 de l’élève, en tout premier lieu pour ce qui est des enseignements-apprentissages de la lecture-écriture. Ces questions doivent également être prises en compte concernant par ailleurs les disciplines dites non linguistiques, où les compétences développées en français par les élèves dans des matières telles que les mathématiques, les sciences, l'histoire ou la géographie sont dans la continuité de celles acquises précédemment ou parallèlement en L1, que ce soit dans un cadre scolaire ou extra- scolaire.

La notion de transfert interlangue a donné lieu à plusieurs postulats théoriques, et à des controverses. Elle rend compte de l’influence des expériences en langue première (L1) - et notamment de la lecture en L1 - sur l’apprentissage d’une langue seconde (L2) - et notamment de l’écrit en L2 - et réciproquement, et permet de modéliser les compétences relevant de processus spécifiques, dépendants des aspects formels des langues, ou de processus centraux indépendants de ceux-ci (Cummins, 2000).

Tardif (1999) définit la notion de transfert comme faisant «référence au mécanisme cognitif qui consiste à utiliser, dans une tâche cible, une connaissance construite ou une compétence développée dans une tâche source ». Ainsi, le transfert rend compte de la façon dont le développement d’habiletés dans une langue (la L1), intervient, en facilitant, ou parfois en entravant, le développement dans une autre langue (la L2) (Kuo & Anderson, 2010).

Il y a là des phénomènes d’une importance première pour la conception de dispositifs didactiques et pédagogiques efficaces d’apprentissage dans la scolarisation bi- plurilingue - et notamment de l’apprentissage de l’écrit -, tant dans les disciplines linguistiques que dans les autres domaines d’enseignement (mathématiques, sciences, histoire, etc.). Cette question a déjà fait l’objet de publications collectives centrées sur la scolarisation bi- plurilingue en Afrique en préalable et autour de l’Initiative ELAN (ELAN, 2014 ; Recherches Africaines, 2014 ; Maurer, 2016).

Lors de ce colloque, la question du transfert avec ses implications pédagogiques sera abordée tant dans ses dimensions théoriques que dans ses dimensions applicatives dans les contextes institutionnels. Les thèmes de réflexion proposés sont les suivants :

1- L’état de la recherche, francophone notamment, sur les fondements et les types de transferts, et sur leur inscription dans une perspective pédagogique et didactique, en Afrique : Quel appui prendre sur les concepts clés de l’acquisition des langues et de l’apprentissage en général, pour raisonner sur les langues d’enseignement scolaire et les apprentissages en plusieurs langues ?

2- Quel contenu d’enseignement dans chacune des deux langues, dans un cadre curriculaire bi- plurilingue ? Quelles progressions organiser concernant le transfert linguistique ? Là où des blocages peuvent exister, quelles seraient les pistes de solution pour faciliter le transfert ?

3- Quelles compétences nécessaires chez les enseignants en L1 et en français pour réduire le déséquilibre didactique entre les langues africaines et le français et pour envisager une scolarisation bilingue complète qui dépasserait les deux premiers niveaux scolaires ?

4- Quelle formation au transfert apporter aux enseignants, à leurs formateurs et à leurs encadreurs pédagogiques ? Comment concevoir les supports nécessaires pour leur permettre, en autoformation, de développer une capacité à concevoir et évaluer eux-mêmes des démarches de transfert adéquates ?

5- Quelle évaluation des outils pédagogiques disponibles, en ce qui concerne le transfert ? Comment pourraient-ils être actualisés, améliorés et contextualisés dans les pays, dans la perspective d’une mise à l’échelle de l’expérimentation d’un enseignement bi-plurilingue ?

6. Comment évaluer les acquis des élèves dans une perspective bilingue, en exploitant le transfert des compétences de L1 au français et réciproquement ?

7. Qu’en est-il du transfert d’apprentissage dans les disciplines dites non linguistiques ? Quelles sont les connaissances et compétences linguistiques mobilisées en L1 et en français lors des apprentissages des savoirs dans le domaine des mathématiques, des sciences, de l’histoire, etc. ?

Pourront être présentées des études de cas dans des pays (francophones, en particulier des études de cas de pays bénéficiaires de l’appui du programme ELAN, ou autres) ayant expérimenté le transfert en ce qui concerne le curriculum (élaboration d’outils correspondants), la formation des formateurs ou des enseignants, ou les pratiques innovantes dans des classes bilingues portant non seulement sur l’apprentissage de la lecture – écriture au CI et CP, voire CE, mais aussi sur les disciplines outils et les disciplines non linguistiques.

Cet appel à communication s’adresse aux enseignants et chercheurs en sciences du langage, sciences de l’éducation ou psychologie, aux personnels d’encadrement des Ministères de l’Education, en particulier ceux en charge de la formation des enseignants, concernés par la problématique du transfert de compétences interlangues et/ou par ses implications pédagogiques.

Langue des interventions : français.

Propositions de communication : Les résumés des propositions de communication doivent être envoyés par courriel aux adresses suivantes, au plus tard le 10 juin 2019 : colloqueifefelan@francophonie.org

Ils doivent être structurés comme suit : titre et résumé : 300 mots ; une brève présentation de l’auteur (nom, prénom, courriel, affiliation(s), recherches)

Calendrier :

  • 10 juin 2019 : dernier délai de la recevabilité par courriel des résumés des communications
  • 15 juillet : publication de la liste des communications retenues.

Les contributions au colloque, une fois leur manuscrit revu après leur présentation, feront l’objet d’une évaluation sous l’égide du comité scientifique

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